La Bulgarie deviendra-t-elle la prochaine plaque tournante du gaz en Europe?

Un gazoduc en Europe / Image d'illustration

Le soutien allemand aux projets de la Russie visant à doubler la capacité du gazoduc Nord Stream sous la mer Baltique a, à son tour, encouragé les aspirations de la Bulgarie à développer un hub gazier régional avec l’aide de la Russie.

Sofia a cherché un arrangement similaire avec Gazprom pour sécuriser le transit de gaz russe à travers la Bulgarie via une branche onshore ou offshore du gazoduc TurkStream de Russie vers la Turquie le long des fonds marins de la mer Noire. Ce pipeline est actuellement en construction. Afin d’approuver le projet de carrefour gazier, la Commission européenne a toutefois stipulé que la Bulgarie devait devenir un négociant en gaz, et pas seulement un pays de transit de gaz, en assurant au moins trois sources différentes de gaz naturel potentielles pour les Balkans. (Cibal.eu, 27 juin).

Les deux nouveaux projets de gazoducs russes – « Nord Stream Two », d’une capacité projetée de 55 milliards de mètres cubes (bcm), et TurkStream, d’une capacité de 32 bcm – détourneraient presque tout le gaz russe transitant actuellement par l’Ukraine vers l’Allemagne et Turquie. En 2017, Gazprom a livré 155 milliards de mètres cubes aux États membres de l’Union européenne et 23 millions de mètres cubes à des pays non membres de l’UE (dont la Turquie), avec 93,5 milliards en transit en Ukraine (Gazpromexport.ru, 12 juillet).

Si « Nord Stream Two » est construit, plus de 70% de toutes les exportations de gaz naturel russe vers l’UE seront acheminées par un itinéraire unique vers un pays, l’Allemagne. Et si « TurkStream » devenait également une réalité, près de 90% de toutes les exportations de gaz russe vers l’Europe et la Turquie seraient acheminées vers deux pays, l’Allemagne et la Turquie.

Le premier ministre Boyko Borisov, cependant, est resté inquiet au sujet de l’attitude de Poutine envers la Bulgarie depuis que le chef russe avait blâmé Sofia pour l’échec de « South Stream ». Lors de leur rencontre en mai, il s’est montré manifestement apologétique à l’égard de Poutine pour discuter des livraisons de gaz russe pour le futur centre gazier des Balkans (Debati.bg, 2 juin). Le gouvernement bulgare a entamé des négociations avec la Russie sur la relance potentielle du projet « South Stream » en 2017, alors que la construction de « TurkStream » progressait. Parmi les options proposées, il y avait un embranchement offshore de « TurkStream » qui irait directement à Varna, où une grande installation de stockage de gaz serait construite. Une autre option consisterait à relier « TurkStream » au réseau gazier bulgare via une liaison par pipeline avec la Turquie (Capital.bg, 9 juin 2017).

Source et suite : OilPrice