La flambée des prix du pétrole inquiète l’industrie et les politiques

Photo : RFI

La flambée des prix du carbone met à mal la Bulgarie qui dépend fortement de ses centrales à charbon. Pour éviter le krach énergétique et économique, le gouvernement est forcé de les subventionner.

Comme dans la plupart des pays de l’ex-bloc soviétique, la Bulgarie est fortement dépendante de ses centrales à charbon. 42 % de son électricité y sont produits. Or, pour fonctionner, ces centrales doivent acheter des quotas d’émission de carbone.

Ce système d’échange existe depuis 2005 au niveau européen et jusque-là, le prix de la tonne de dioxyde de carbone émise restait faible, nettement inférieur à 10 euros.

Mais fin 2018, ce prix avoisine désormais les 24 euros ; il a plus que doublé en un an et, selon les prévisions, il devrait encore grimper. Les prix de l’électricité produite par les centrales polluantes, donc celles à charbon, devrait aussi augmenter. A leur tour, les prix pour les consommateurs devraient aussi augmenter.

Les factures trop salées avaient provoqué des manifestations et poussé à la démission le précédent gouvernement du Premier ministre Boïko Borissov. Le prix de l’électricité a déjà augmenté deux fois en 2018 ; il devrait encore augmenter en janvier, lorsque la consommation est plus élevée. Mais le coup dur est porté par les entreprises, qui depuis quelques mois paient 20 % en plus pour leur électricité.

Des conséquences qui impactent l’industrie lourde

L’industrie lourde est la plus touchée et si ces prix persistent, les usines pourraient fermer pour être délocalisées ailleurs. D’autant plus qu’une grande partie d’entre elles appartiennent à des conglomérats internationaux pour qui ça ne serait pas difficile. L’autre problème c’est « Maritza Iztok 2 ». C’est le nom de la plus grosse centrale à charbon du pays. C’est également un des plus gros pollueurs d’Europe. A elle seule, elle produit 18 % de l’électricité en Bulgarie.

Financièrement, elle est criblée de dettes qui avoisinent les 500 millions d’euros en 2019, il faudra prévoir la moitié de cette somme rien que pour les quotas d’émissions. Pour l’instant, la centrale survit grâce à la redistribution des bénéfices du nucléaire.

De plus, il y a aussi des soupçons de manipulation des prix de la part du gouvernement pour combler ces déficits. « Maritza Iztok 2 » est par ailleurs trop importante pour être fermée du jour au lendemain, surtout que 10 000 employés de la centrale et des mines du même nom qui lui fournissent le charbon se retrouveraient dans la rue. Les exportations d’électricité pourraient aussi souffrir de la flambée des prix. Après avoir bondi de plus de 40 % en 2018, elles risquent de diminuer en 2019.

Un climato-scepticisme tenace

Au niveau politique, la Bulgarie se range du côté de la Pologne et de la Hongrie sur les questions climatiques. Elle s’oppose aux objectifs de plus en plus ambitieux de réduction des gaz à effet de serre. Le gouvernement a par ailleurs ramené le nucléaire à l’ordre du jour. Le Premier ministre Boïko Borissov, jusque là fortement opposé à la construction d’une seconde centrale, est maintenant beaucoup plus souple dans ses propos. Son argument de choix est que la Bulgarie a déjà acheté les réacteurs à la Russie, il faut maintenant construire la centrale pour les loger.

Selon RFI, le projet évalué à 9 milliards d’euros renforcera la dépendance vis-à-vis de la Russie.

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