Le parlement européen supporte l’admission de la Bulgarie dans l’espace Schengen

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Le Parlement européen a adopté mardi un rapport appuyant la volonté de la Roumanie et de la Bulgarie d’adhérer à l’accord de Schengen, malgré l’opposition du conseil. La Bulgarie pourrait accéder a l’espace Schengen avant la Roumanie.

« Les pays ont déjà rempli les critères, la Commission a dit cela, les experts l’ont dit », a déclaré le socialiste bulgare Sergey Stanishev, rapporteur du Parlement européen, à ses collègues du Parlement européen lors d’un débat lundi soir à Strasbourg.

«Le Conseil [de l’UE] ne sait tout simplement pas quoi dire. Au cours des cinq dernières années, le Conseil a enfreint les règles européennes en ne prenant pas de décision concernant l’adhésion de la Roumanie et de la Bulgarie à l’espace Schengen », a déclaré M. Stanishev.

Selon le rapport de Sergey Stanishev, une proposition selon laquelle les deux pays adhéreraient à Schengen «partiellement» en supprimant les restrictions imposées aux frontières maritimes et aériennes, mais en maintenant les restrictions aux frontières terrestres «n’avait pas beaucoup de sens» et pourrait avoir un effet négatif sur l’économie des deux pays.

Le rapport exhortait également le Conseil à accélérer le processus décisionnel pour le cas de la Croatie.

Stanishev a critiqué les Pays-Bas pour s’être opposés à l’admission à Schengen, bien que les deux pays aient satisfait aux critères techniques en matière de sécurité et de contrôle des frontières.

Le 13 septembre, le Premier ministre néerlandais, Mark Rutte, a répété lors de sa visite à Bucarest que son pays s’opposait à l’adhésion de la Roumanie à Schengen en raison de ses problèmes de corruption.

La Roumanie et la Bulgarie font l’objet d’une surveillance particulière de la part de la Commission européenne en matière de justice depuis leur adhésion à l’Union européenne. Cependant, alors que Bruxelles a félicité la Bulgarie pour les progrès accomplis dans son dernier rapport en novembre, la Roumanie a reçu les critiques les plus lourdes notamment pour son retour en arrière dans la lutte contre la corruption.

Par ailleurs, les récentes remarques attribuées par les médias bulgares au candidat du Parti populaire européen à la présidence de la Commission européenne, Manfred Weber, concernant l’adhésion probable de la Bulgarie à l’espace Schengen en 2019, ont suscité l’inquiétude en Roumanie.

Weber aurait déclaré que la Bulgarie rejoindrait Schengen en 2019, mais pas la Roumanie.

Bien que la Commission européenne n’ait pas confirmé ces propos, les détracteurs du gouvernement roumain ont reproché à son faible bilan en matière de gouvernance de ne pas obtenir le feu vert pour rejoindre la zone exempte de visas juste avant son accession à la présidence du Conseil de l’Union européenne le 1er janvier.

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